dimanche 30 septembre 2007
Le tournage commence...
> Guillaume Darras, dimanche 30 septembre 2007 / 01:59 / Notre voyage
dimanche 30 septembre 2007
> Guillaume Darras, dimanche 30 septembre 2007 / 01:59 / Notre voyage
> Guillaume Darras, dimanche 30 septembre 2007 / 01:51 / Notre voyage
Nota bene : Suite à une petite erreur de manipulation, nous avions supprimé ce message. Je profite donc de mon passage au cybercafé pour le remettre bien qu'il ait été rédigé par Gaël il y a bien 5 jours maintenant...
Dimanche dernier, nous n’étions pas en grande forme à l’heure du réveil. Justement nous venions d’investir dans un réveil, il fallait être à l’heure au rendez-vous. Le professeur Roldan nous avait conviés à une promenade sur le fleuve Grijalva, à partir du village de Chilapa, proche de Tamulté. Chacun avait ramené son mal de ventre et il était difficile de faire honneur aux tamales (genre de papillotes fourrées à la pâte de maïs et à la viande cuits) servis au petit déjeuner. Partis chercher de l’essence, nous passons aussi chez des amis du professeur qui élèvent des coqs de combat (même si c’est illégal) et nous avons droit à une petite démonstration. Impressionnant de violence, même si nous connaissons déjà la férocité de ces bêtes-là (voir le billet sur le vilain coq). Repartis, après une demi-heure de voiture, nous voilà bientôt à l’embarcadère. A peine montés à bord, nous nous sentons légers. Le fleuve glisse sous la barque motorisée et nous profitons de bonnes bouffées d’air frais. Rien de tel pour nous remettre en forme. Mais c’est sans doute la beauté du paysage qui nous sert de meilleur médicament. Rives bordées de cocotiers et de maisons colorées, envolées d’oiseaux, groupes de pêcheurs. Ce travelling inspire notre caméra. Mais le plus beau est à venir. Nous arrivons à la Lagune du Vent, un immense miroir d’eau parsemé de plantes aquatiques, une véritable petite mer qui nous met en extase. Nous voilà définitivement guéris !
mercredi 26 septembre 2007
> Gaël Vince, mercredi 26 septembre 2007 / 04:54 / Notre voyage
> Gaël Vince, mercredi 26 septembre 2007 / 04:31 / Notre voyage
samedi 22 septembre 2007
> Magali Bergon, samedi 22 septembre 2007 / 04:12 / Notre voyage
Aujourd’hui nous avons visité un centre d’élevage de crocodiles. De l’œuf au gros spécimen qui vit seul car il a mangé les siens, nous en avons observé un bon nombre. Avec l’autorisation des gardiens, j’en ai profité pour filmer et me faire un peu la main pour le tournage du documentaire qui approche à grands pas. C’était musclé de filmer au-dessus du grillage et de rester la plus immobile possible à l’affût du moindre geste de ces mastodontes. Eux, habitués à jouer les statues, semblaient rire de mon infortune ! Le petit moment chaud du jour fût quand la gardienne me permit de filmer un des plus gros spécimens la porte de l’enclos ouverte. Plan fixe sur sa gueule béante, zoom sur ses amygdales. Puis je l’ai suivi jusqu’au bassin d’où il est sorti un temps avant d’y disparaître totalement. A ce moment, elle me dit qu’il pouvait sauter et surgir de l’eau à tout moment, et qu’il était donc « préférable » de fermer la porte. Il faisait quand même 3m de long le bougre. Et en filmant, je ne réalisais pas le danger.
Plus loin je pus zoomer sur un toloque (prononcer toloqué), un lézard du coin que j’adore. Il court tout droit sur ses pattes arrières et il répond à nos questions en hochant de la tête.
Puis, à la fin de la balade durant laquelle je n’ai bien sur pas suivi les commentaires des gardiens, trop occupée à scruter la moindre écaille, je me renseignai sur l’origine et la race de telles bêtes. On me répondit que ces charmants bestiaux n’étaient pas de bien loin mais des marais du Tabasco. Je m’interroge alors sur mon envie d’aller pêcher à minuit comme nous l’avait proposé un villageois…
vendredi 21 septembre 2007
> Gaël Vince, vendredi 21 septembre 2007 / 03:49 / Notre voyage
mercredi 19 septembre 2007
> Magali Bergon, mercredi 19 septembre 2007 / 01:44 / Notre voyage
Durant la cérémonie du mariage évangéliste j’ai pu parler avec quelques femmes, toutes générations confondues. Pendant que les garçons étaient en retrait pour filmer, j’étais au contraire en pleine ambiance de noce. J’ai un petit peu parlé, mais surtout écouté. Mon niveau d’Espagnol ne me permet pas encore de suivre une conversation sur du long terme. D’ailleurs, ça les faisait rire. J’ai ainsi appris que la mariée est une des neuf filles de la sœur de dona Ofelia, qu’elle a aussi deux fils, soit onze enfants en tout, et vingt-cinq petits-enfants. Je trouvais cela déjà beaucoup et l’en félicitai. Puis, la fille de dona Ofelia demande « Combien de tes enfants sont morts déjà ? »
-« Cinq, répond la vieille dame en rigolant. Ainsi j’ai quand même eu seize enfants ! »
Et moi, estomaquée par leur légèreté sur ce sujet, je ne pouvais que constater à quel point la conception de la mort d’un proche peut varier d’une culture à une autre.
Sur la demande de dona Ofelia j’ai pris en photo le moment ou les jeunes époux coupent le gâteau. Et la fille d’Ofelia en profita pour me demander combien de pesos coûtait mon appareil photo. Sachant que 15 pesos équivalent à un euro, j’ai pu convertir assez facilement le prix initial en pesos mexicains.
J’essaie de parler avec don Lupe mais j’ai beaucoup de mal à le comprendre. Il est bourru mais sympathique et très gentil. Nous n’oublions pas qu’il nous accueille chez lui, qu’il nous a débroussaillé le jardin de l’atelier, qu’il nous a prêté un hamac pour notre petite maison, et tant d’autres choses. Je sais qu’il est athée. Et je trouve cela drôle quand on voit qu’Ofelia est une évangéliste assidue ! Ainsi lui ai-je demandé si les mariés allaient faire la première danse. Il y avait en effet beaucoup de musique mais personne ne bougeait. En réalité, j’avais appris que dans la religion évangélique il est interdit de boire de l'alcool ni même de danser. Il ne m’en dit pas plus et il ne me donna pas son avis. Dommage !
> Guillaume Darras, mercredi 19 septembre 2007 / 01:12 / Notre voyage
Don Lupe nous invite à assister au mariage de sa nièce par alliance à la Estancia. Le temps d’enfiler un petit repas et nous voilà entassés dans la voiture. Je me retrouve à l’avant du pick-up, entre Efrain au volant et Doña Ofelia avec la petite Samantha sur les genoux. En dix minutes de route chaotique, nous arrivons sur les lieux.
Nombre de tables sont installées dans le jardin de la maison, face à une église à l’architecture étonnante. Peu à peu les invités arrivent et la célébration commence. Une célébration évangéliste. Nous en profitons pour sortir micro et caméra. Le début est un peu intimidant. Nous ratons ainsi la séquence de la première lecture. Une jeune fille commence à lire un extrait de la Bible. Peu à peu, elle part dans une improvisation. Le ton de la voix change, comme prise dans une sorte de transe. Les mots se font plus rapides, le ton plus fébrile. L’impression est étrange.
Après une première série de prises de vue peu convaincantes, nous retournons nous asseoir…juste pour l’arrivée d’un plat bien garni ! Nos motivations face à l’assiette sont toutes relatives, déjà bien remplis du repas préparé par Doña Ofelia une heure auparavant.
Nous reprenons finalement caméra, perche et micro pour le lancer de bouquet. Cette fois, la prise vient plus aisément, nous nous approchons des sujets, le micro tente de capter quelques sons de voix au travers de la sono assourdissante. Le bouquet vole, la fille qui le récupère est aussitôt entourée d’une grappe humaine. On rit, on commente, on s’agite. L’agitation collective s’organise ensuite dans une petite ronde qui est la limite extrême pour une cérémonie évangéliste qui interdit de danser. Après quelques rafraîchissements et autres photos des mariés, nous rentrons, pressés par Don Lupe qui doit préparer la Taqueria pour le soir.
dimanche 16 septembre 2007
> Gaël Vince, dimanche 16 septembre 2007 / 04:04 / Notre voyage
Ça s’est passé hier soir, peut-être à l’heure où nous chantions la Marseillaise sur les marches de l’église de Tamulté. Non par réaction patriotique, en ces temps de fête nationale mexicaine, seulement parce qu’un groupe de jeunes, amusé par notre présence, nous bombardait de questions diverses et variées (Vous savez dire « Bonne nuit » en anglais ? Quelle taille tu fais ? T’es la cousine de Britney Spears ?), parmi lesquelles : Vous pouvez nous chanter votre hymne ? Donc, peut-être à cette heure où nous chantions cet hymne que nous n’avons pas l’habitude de chanter, il s’est passé la chose suivante. Un jeune poulet s’est mis à hurler dans le patio de Doña Ofelia. Elle a accouru mais en vain. Il était trop tard : le poulet était mort, la gorge en sang. Elle n’a eu le temps que d’apercevoir une bête filer dans la nuit. « Peut-être un rat » dit-elle. Depuis, le corps du poulet est passé de la table - nature morte inspirante pour Guillaume – au sol où il gît encore dans un coin. Mais le mystère reste entier: qui a tué le poulet hier soir, alors que nous chantions « qu’un sang impur abreuve nos sillons » ? Quoi qu’il en soit, le dessin de Guillaume a beaucoup fait rire Doña Ofelia, laquelle n’a pas oublié depuis mon premier séjour que cet animal se dit « poulet » en français. Moi, je n’ai pas oublié qu’on le dit « pio’ » en yokot’an.
> Gaël Vince, dimanche 16 septembre 2007 / 03:35 / Notre voyage
mercredi 12 septembre 2007
> Magali Bergon, mercredi 12 septembre 2007 / 05:16 / Notre voyage
Hola, me voici apparaître enfin sur le blog en tant que rédactrice!
jeudi 6 septembre 2007
> Guillaume Darras, jeudi 6 septembre 2007 / 19:58 / Le Blog
Ce blog se veut le journal de bord de nos deux mois et dix jours au Mexique. Impressions de voyage, avancée des projets, suivi de nos pérégrinations, galères (juste ce qu’il faut pour ne pas s’ennuyer) et moments de grâce : le tout en photos admirables et textes enchanteurs. Bref, de la télé-réalité de grande qualité, en espérant satisfaire votre insatiable curiosité. Quoi qu’il en soit, n’hésitez pas à nous écrire quelques mots et à nous faire part de vos questions et commentaires variés. Ce site est aussi là pour ça.
> Guillaume Darras, jeudi 6 septembre 2007 / 19:50 / Le Blog
Gaël Vince, 28 ans, est diplômé de l’Institut d’Ethnologie de Strasbourg. Il a déjà effectué un séjour de 5 mois chez les Yokot’anob du Tabasco. C’est à cette occasion qu’il a découvert leurs danses traditionnelles et rencontré le groupe d’artistes El Tesoro de Tamulté. C’est donc sur la base de son expérience que se sont construits les projets. S’il n’a pas de réelle formation artistique, sa connaissance des gens et des lieux, sa sensibilité à leur poésie et ses compétences d’ethnologue seront largement mises à contribution dans la réalisation des deux projets.
Guillaume Darras, 25 ans, est dessinateur, graphiste et vidéaste, diplômé de l’Ecole Supérieur des Arts Décoratifs (ESAD) de Strasbourg. Son expérience de l’outil multimédia et son intérêt pour l’ethnologie l’ont poussé à collaborer avec Gaël Vince et à concevoir le webdocumentaire autour de la Danse du Petit Cheval Blanc. Responsable de ce projet, il prendra aussi une part active dans la création d’objets pour le projet Kabil Kabo’.
Magali Bergon, 23 ans, est diplômée de l’ESAD. Elle est spécialisée dans le design et la scénographie et s’intéresse particulièrement au design d’espace et à la muséographie. Sa pratique artistique comprend aussi le dessin, la peinture, la fabrication de bijoux. Elle suivra principalement la mise en œuvre du projet d’échange artistique, depuis l’atelier jusqu'à l’exposition, sans oublier de jeter son coup d’œil affûté sur la Danse du Petit Cheval Blanc.
> Gaël Vince, jeudi 6 septembre 2007 / 19:35 / Le Blog

Tamulté de las Sabanas, Tabasco
Notre village d’accueil : Tamulté de las Sabanas
Situation géographique : Amérique Centrale, Mexique, Sud-Est, Etat du Tabasco, à quelques 45 minutes de route de Villahermosa, sa capitale, elle-même située à 679 Km de Mexico, 8645 de Nantes, 8881 de Paris et 8974 km de Toulouse
Population : 6861 habitants
Langues : Espagnol ; Yokot’an ou Chontal, langue maya du groupe Chol, pratiqué par 67,7% de la population et par environ 55 000 locuteurs dans la région

Vue aérienne de Tamulté de las Sabanas
Image Google Earth
mardi 4 septembre 2007
> Gaël Vince, mardi 4 septembre 2007 / 19:01 / Mexcubation - 1+1 mètres cubes d'art franco-chontal / L'échange artistique
Dans la langue maya des Yokot’anob, « kabil kabo’ » signifie ce qui est étranger. Echanger, est-ce mettre en boîte l'étranger ? Ou se mettre soi-même en boîte ?
> Gaël Vince, mardi 4 septembre 2007 / 18:02 / La Danse du Petit Cheval Blanc / Le documentaire
Chaque année, les indiens Yokot’anob du Mexique exécutent une danse mystérieuse qui fait revivre la rencontre violente entre leurs ancêtres et les Espagnols, il y a plus de 500 ans. Mais comment peut-on danser sur une défaite aussi douloureuse et ancienne ? Empruntant les chemins de l’ethnologie, le webdocumentaire révèle toute la complexité de cette danse et interroge notre lecture du « choc des civilisations ».