le blog du petit cheval blanc

mardi 13 novembre 2007

Dernière semaine à Tamulté

Enfin un petit billet pour vous donner de nos nouvelles à quelques jours du départ. Nous sommes donc rentrés de notre exil à Veracruz depuis mercredi dernier.

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vendredi 2 novembre 2007

Pour tous ceux qui ont vu les informations et qui s'inquiètent‏

On vous écrit de Veracruz ou nous sommes bien arrivés hier. Nous avons trouvé un bon hotel et sommes en sécurité. Comme vous l'avez peut être vu aux infos en France, le Tabasco est inondé. plus de 75% du territoire est sous l'eau. Villahermosa est sous l'eau depuis hier. La situation est en effet assez alarmante car la ville entière ne peut pas être approvisionnée en eau et en nourriture. Beaucoup d'endroits n'ont plus d'électricité, les gens commencent à se battre pour la nourriture, il y a de moins en moins d'argent dans les banques.

À Tamulté de las Sabanas, notre petit village, ca va. Ils n'ont pas d'eau car ils sont en hauteur. Mais l'accès est encore impossible.

Quand on a quitté la ville on a vu l'eau monter. Désormais tout le centre est inondé. Nous avons pris les derniers bus qui partaient. Nous allons attendre que l'eau descende et cela peut d'ailleurs aller très vite. On se renseigne et on reviendra a Tamulté comme prévu.

Nous avions demandé des financements au président du "municipio" pour notre projet artistique, mais il va sans dire qu'il faut tirer une croix dessus pour l'instant. La fin de notre séjour est alors un peu chamboulée.

En attendant, on passe une fête des morts bien triste loin de nos amis du Tabasco.

dimanche 28 octobre 2007

Ligne de conduite du projet artistique Mexcubation (nouveau titre)

Voilà déjà plusieurs semaines que nous travaillons ensemble a la palapa. Tous les dimanche, nous nous réunissons et confrontons nos travaux. L’échange est très important et essentiel tant sur la forme que prennent les projets que sur leur processus de création. Nous travaillons principalement en groupe. Chacun apporte ses idées, ses points de vue, et déjà, plusieurs projets prennent vie : une boîte à sons, un arbre écologique, des peintures évolutives, des kilos de dessins…

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mercredi 24 octobre 2007

Tempête sur la Palapa

Mardi matin, nous nous réveillons avec le vent qui siffle à travers les arbres et le ciel tout gris. C'est le retour des vents du nord. Le retour du froid nous dit Don Lupe, enfin le froid d'ici... 20 degrés, quoi. Il n'empêche, pas le genre de temps des plus motivants, d'autant que nous devons aller à Villahermosa visiter le Centre culturel où aura lieu l'exposition, avec, pour moyen de transport, la combi qui fonce à toute allure sur les routes déjà peu sûres du Tabasco. Heureusement, la camionnette que nous prenons a des allures de discothèque avec ses enceintes calées sous les fauteuils et l'écran de télévision qui diffuse des images abstraites au rythme des grands classiques dance des années 90 : Haddaway et Ace of Base pour ne citer qu'eux. De quoi détendre l'atmosphère donc et de regarder de manière un peu plus sereine le vent s'engouffrer dans la nature foisonnante du Tabasco. Notre passage à Villahermosa est plus calme. La ville sans doute qui protège des intempéries, mais pas de la pluie qui commence à tomber en trombe et qui ne semble pas vouloir s'arrêter. Le retour se fait donc sous la pluie au soleil couchant. L'arrivée à la Palapa nous fait constater les dégâts : Plus d'électricité, nombres de branches arrachées et plaque de tôle envolée. Une branche est tombée sur la grille d'entrée, une autre s'agite dangeureusement aux abords de la maison, un tronc est abattu sur la grille qui nous sépare du jardin voisin et le toit de la palapa, notre atelier de travail, offre des trous béants.
Notre premier expérience de tempête tropicale, sans gros dégats, tout de même...

Trois jours au Yucatan

Le temps défile. Déjà 10 jours que le dernier message a été posté sur ce blog. Il est loin le temps où vous pouviez, chers lecteurs, suivre, pas à pas, jours après jours, nos trépidantes aventures. Nous pourrions, il est vrai, évoquer un emploi du temps surchargé, des horaires incroyables, contentons nous de réparer les torts.
Il y a maintenant plus d’une semaine, un dimanche soir, nous nous trouvions dans la voiture d’Hector avec dans le coffre nos sacs à dos pour aller au terminal de bus. Direction : Tulum, sur la côte est du Yucatan.

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dimanche 14 octobre 2007

Atelier de peinture avec des enfants de Villahermosa

L'objectif de cette matinée a été de produire 1 kg de dessins en collaboration avec les élèves d'Eleazar. Le sujet de nos dessins a été notre environnement le plus proche: objets mais aussi camarades de classe, professeurs venus de l'autre côté de l'Atlantique, etc. Chacun a mis la main à la pâte avec pour seules consignes l'utilisation du "papel de pan" (papier vendu au kilo et utilisé pour envelopper les tortillas) et de la peinture noire. Tous ces dessins seront mis en boîte et exposés dans le cadre de notre projet artistique. Ils seront alors accompagnés d'autres kilos de dessins produits par d'autres groupes.

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jeudi 11 octobre 2007

Enfin, la voilà ! La Danse du Petit Cheval Blanc !

Cette semaine, temps maussade sur Tamulté, un vrai temps d’automne comme par chez nous. De la petite pluie grise et des nuits fraîches comme je n’en aurais jamais imaginées dans cette région tropicale. Magali et Guillaume m’accusent de les avoir trompés sur la marchandise. Je les avais dissuadés d’emporter gros duvets et pyjamas polaires. A tort. D’ailleurs, j’ai même trouvé le moyen de m’enrhumer. Le changement est radical : il y a une semaine, on crevait sous un soleil de plomb, trottant derrière le Petit Cheval Blanc avec notre caméra et notre perche micro.

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vendredi 5 octobre 2007

Vidéo du tournage de notre documentaire

Procession religieuse à Tamulté. Au début on voit Magali à la perche et Guillaume à la caméra, en plein exercice de moonwalk (réalisé sans trucage). Les offrandes d'une famille sont transportées vers l'église, accompagnées par les musiciens et les deux danseurs, le Petit Cheval Blanc et le Masque. On lance une fusée pour annoncer l'arrivée de la procession.

mardi 2 octobre 2007

Echange artistique Tamulté-France.

A l’ombre de la maison, nous avons eu notre première réunion de travail avec les participants du projet artistique. Autour d’un soda frais, nous nous sommes présentés et avons parlé de notre démarche artistique. Nous sommes 10 en tout : Eleazar, Carlos, Edisson, Thomas et son frère, Jaime, Jesus et nous trois. Vous l’aurez compris, je suis la seule « chamaca » (fille) et aussi la seule designer. Alors que la majorité des artistes ont une pratique plutôt picturale ou sculpturale, Guillaume et moi glissons vers d’autres domaines de la création : le design d’objet et le design graphique. Ces différences seront enrichissantes pour la suite du projet.

Visage Pâle rencontre Indiens à pinceaux

L’idée du projet est de travailler ensemble afin de monter deux expositions qui se dérouleront en simultané de part et d’autre de l’océan. Au Mexique ce sera à Villahermosa, au Tabasco et en France, à Strasbourg, Alsace. Notons que nous bénéficions d’une bourse du conseil général d’Alsace afin de monter l’exposition. Le concept de l’exposition tourne autour d’un jeu. Nous allons distribuer nos objets dans diverses caisses dont certaines resteront à Tamulté et d’autres voyageront avec nous vers la France. Le jeu consiste à ne pas savoir à l’avance ce que nous allons laisser sur place et ce que nous allons envoyer. Ainsi, peut-être à une date donnée, chaque groupe à Tamulté et à Strasbourg, ouvriront les caisses et découvriront les objets avec lesquels ils feront l’exposition. Il s’agira pour chacun d’entre nous de confier ses objets à l’autre en toute confiance et de laisser libre cours aux initiatives de chacun pour faire les mises en scènes d’exposition.

Le concept de l’exposition n’est pas tant de donner à voir des objets « exotisants » et totalement décontextualisés, mais de raconter l’histoire d’une rencontre et d’une manière de travailler ensemble. Dans chaque exposition se retrouvera la même charte graphique et le(e) même texte d’introduction (à définir encore) ainsi qu’un écran sur lequel sera projeté par liaison internet une ou plusieurs vues de l’autre exposition qui se déroulera en même temps. D’où l’idée de montrer des images non figées et évolutives, à l’instar de ce qui peut se passer à plusieurs milliers de kilomètres de chez soi…

La Palapa, lieu de vie et de travail.

Voici un petit billet afin de décrire notre lieu de vie –et par là même de rassurer nos familles car oui, nous avons bien un toit pour dormir !

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dimanche 30 septembre 2007

Le tournage commence...

Par une chaude après-midi de septembre – nombreuses à Tamulté, il est vrai – Gaël quitte seul le gîte. Direction : El Parque, le centre névralgique de Tamulté de las Sabanas. On y trouve aussi bien des évangélistes à la musique envahissante que des pochimobils – des mobylettes tirant de petites carrioles emportant les passagers vers les différents coins du village – conduites par des jeunes aux cheveux gominés. Mais aussi et surtout, c’est le lieu de prédilection pour rencontrer les anciens du village. Callés à l’ombre de quelques arbres ou au pied de la mairie, ils sont là, assis, observant, discutant. C’est ainsi que commence le tournage du documentaire que nous avons en tête depuis maintenant presque deux ans : Gaël discutant avec les anciens.

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Première sortie en bateau

Nota bene : Suite à une petite erreur de manipulation, nous avions supprimé ce message. Je profite donc de mon passage au cybercafé pour le remettre bien qu'il ait été rédigé par Gaël il y a bien 5 jours maintenant...

Dimanche dernier, nous n’étions pas en grande forme à l’heure du réveil. Justement nous venions d’investir dans un réveil, il fallait être à l’heure au rendez-vous. Le professeur Roldan nous avait conviés à une promenade sur le fleuve Grijalva, à partir du village de Chilapa, proche de Tamulté. Chacun avait ramené son mal de ventre et il était difficile de faire honneur aux tamales (genre de papillotes fourrées à la pâte de maïs et à la viande cuits) servis au petit déjeuner. Partis chercher de l’essence, nous passons aussi chez des amis du professeur qui élèvent des coqs de combat (même si c’est illégal) et nous avons droit à une petite démonstration. Impressionnant de violence, même si nous connaissons déjà la férocité de ces bêtes-là (voir le billet sur le vilain coq). Repartis, après une demi-heure de voiture, nous voilà bientôt à l’embarcadère. A peine montés à bord, nous nous sentons légers. Le fleuve glisse sous la barque motorisée et nous profitons de bonnes bouffées d’air frais. Rien de tel pour nous remettre en forme. Mais c’est sans doute la beauté du paysage qui nous sert de meilleur médicament. Rives bordées de cocotiers et de maisons colorées, envolées d’oiseaux, groupes de pêcheurs. Ce travelling inspire notre caméra. Mais le plus beau est à venir. Nous arrivons à la Lagune du Vent, un immense miroir d’eau parsemé de plantes aquatiques, une véritable petite mer qui nous met en extase. Nous voilà définitivement guéris !

mercredi 26 septembre 2007

Comment s´amuser avec un scorpion

Gaël le balaise

Eleazar l'expert

Magali, más o menos...

L’histoire du vilain coq

Vous qui êtes des fidèles de ce super blog, vous vous souvenez certainement de l’histoire du petit poulet lâchement assassiné par une bête immonde, un triste soir de septembre. Si ce drame de basse-cour vous a passionnés, la suite devrait vous plaire tout autant.

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samedi 22 septembre 2007

En la Granja de los Cocodrilos.

Aujourd’hui nous avons visité un centre d’élevage de crocodiles. De l’œuf au gros spécimen qui vit seul car il a mangé les siens, nous en avons observé un bon nombre. Avec l’autorisation des gardiens, j’en ai profité pour filmer et me faire un peu la main pour le tournage du documentaire qui approche à grands pas. C’était musclé de filmer au-dessus du grillage et de rester la plus immobile possible à l’affût du moindre geste de ces mastodontes. Eux, habitués à jouer les statues, semblaient rire de mon infortune ! Le petit moment chaud du jour fût quand la gardienne me permit de filmer un des plus gros spécimens la porte de l’enclos ouverte. Plan fixe sur sa gueule béante, zoom sur ses amygdales. Puis je l’ai suivi jusqu’au bassin d’où il est sorti un temps avant d’y disparaître totalement. A ce moment, elle me dit qu’il pouvait sauter et surgir de l’eau à tout moment, et qu’il était donc « préférable » de fermer la porte. Il faisait quand même 3m de long le bougre. Et en filmant, je ne réalisais pas le danger.

Plus loin je pus zoomer sur un toloque (prononcer toloqué), un lézard du coin que j’adore. Il court tout droit sur ses pattes arrières et il répond à nos questions en hochant de la tête.

Puis, à la fin de la balade durant laquelle je n’ai bien sur pas suivi les commentaires des gardiens, trop occupée à scruter la moindre écaille, je me renseignai sur l’origine et la race de telles bêtes. On me répondit que ces charmants bestiaux n’étaient pas de bien loin mais des marais du Tabasco. Je m’interroge alors sur mon envie d’aller pêcher à minuit comme nous l’avait proposé un villageois…